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Affichage des articles associés au libellé Lucidité sociale

Le pique-nique

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  C’étaient les premières vacances à la montagne de la famille Lorinc. Ils n’avaient pas l’habitude de partir si loin et chacun découvrait avec émerveillement les paysages enneigés. Initiation au ski pour tout le monde, promenade en raquettes, grands bols d’air frais… La montagne leur en mettait plein les yeux et plein les poumons. Pour la randonnée, ils avaient emporté un pique-nique et pas mal d’affaires. Peut-être un peu trop. Après quelques kilomètres, Gislain et Sylvie, qui fermaient la marche derrière leurs quatre enfants, commençaient à regretter leur prévoyance. Gislain fit un clin d’œil discret à Sylvie. – Si on en laissait un peu derrière nous, on récupérerait ça au retour. Sylvie regarda les sacs. – Tu as raison. On n’a pas besoin de tout ce confort pour une randonnée. Ils déposèrent quelques affaires derrière un arbre, à l’abri des regards. – Ça va mieux ! lança Sylvie avec un sourire. Deux kilomètres plus loin, l’aîné proposa de s’arrêter près d’une rivière. ...

La presqu'île.

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  Robert reconnut Dominique avant même qu'il ne lève la main. Quarante ans avaient passé, mais certains visages ne changent jamais tout à fait. Ils passèrent l'après-midi à rattraper le temps perdu. Les études, les enfants, les divorces, les départs en retraite. – Et toi ? demanda Robert. Tu faisais quoi déjà ? – J'ai travaillé pour le GIEC. Robert éclata de rire. – Ah oui… toi, tu étais de ceux qui annonçaient la fin du monde ! Dominique sourit. – Pas exactement. Ils parlèrent encore du climat, des rapports scientifiques, des prévisions. Robert écoutait avec bienveillance, mais sans réelle conviction. – Tu dramatises un peu, non ? Dominique haussa les épaules. – Tu te souviens de notre presqu'île ? Le visage de Robert s'éclaira. – Comment oublier ? C'est là que j'ai mes plus beaux souvenirs d'enfance. – Tu as un peu de temps ? – Bien sûr. – Alors viens. Ils roulèrent une quarantaine de minutes jusqu'à la côte. En descendant de voi...

Les agrumes de fin d'année

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  En l'an 2187, à l’Observatoire des rites et coutumes des civilisations anciennes. Ce matin-là, un groupe débattait devant un mur recouvert d’images. Leur point commun : des agrumes, mandarines, oranges, citrons, clémentines, pamplemousses… et des humains, tous habillés de rouge. Sur certaines images, on pouvait voir des étals et des montagnes d’agrumes savamment disposées en pyramides géométriques. – Comme vous le savez, expliqua un ethnologue, les peuples du XXIᵉ siècle célébraient chaque hiver la Grande Offrande des Agrumes. Les textes montrent qu’ils associaient la mandarine à la prospérité, au partage et à l’unité familiale. Des étudiants présents prenaient des notes. – Les archives indiquent également que les citoyens s’échangeaient des filets d’agrumes dans de vastes sanctuaires climatisés appelés « hypermarchés ». La pratique était si répandue que certains spécialistes y voient aujourd’hui une survivance de rites beaucoup plus anciens. Les têtes acquiescèrent gravem...

L'absurde en 1914

 épisode 5 sur 5 ; après. Quelques années ont passé. Aristide est revenu. La ferme l’attendait. Pas tout à fait comme avant, mais suffisamment pour continuer. Il travaille beaucoup et ça l’aide. Pas à oublier, c’est impossible. Juste à vivre avec. La terre a été remise à plat. Les champs ont repris leur place. On a rebouché les trous comme on a pu. Par endroits, pourtant, elle s’affaisse encore. Comme si quelque chose refusait de disparaître. Ce jour-là, il est au marché. Du bruit, des voix, des gestes simples. Quelqu’un l’appelle. Il se retourne. Un homme s’approche. Un peu plus maigre, un peu plus vieux. Mais le même regard clair. Cette fois, les yeux sourient. Ils restent un instant sans parler. Puis Aristide fait un pas, et enlace Karl. Ils marchent un moment côte à côte, ils sont amis maintenant. Ils ne parlent pas de la guerre. Ils parlent de la ferme, du travail, de la famille, ou plutôt ce qu’il en reste. Des frontières aussi. – C’est étrange, dit Karl. I...

L'absurde en 1914

 épisode 3 sur 5; toujours les tranchées ( fin 1916) Il sort de la terre comme on sort d’un rêve épais. D’abord le museau. Puis les yeux, noirs, rapides. Enfin le corps, maigre, nerveux. Le rat hésite un instant, immobile, à l’écoute d’un monde qui gronde sans cesse. Le sol tremble par à-coups. L’air sent la poudre, la boue et quelque chose d’autre. Quelque chose de lourd, de sucré, de persistant. Il avance, ses pattes s’enfoncent légèrement. La terre est molle, retournée, travaillée par les hommes comme un champ qu’on aurait oublié de semer. Ou plutôt… si. Quelque chose y a été semé. Mais rien ne pousse. Il trouve vite. Un corps, allongé de travers, comme abandonné au milieu d’un geste. Le rat s’approche sans crainte. Il connaît déjà cela. La guerre, pour lui, n’est pas un événement. C’est un territoire. Il grimpe, renifle, cherche. La peau a déjà changé. Les odeurs parlent plus fort que les formes. Il mord, un peu, puis davantage. Il mange sans haine, sans dégoût. Il mange...

Le crédit carbone.

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– Tu sais quoi ? dit Bérénice en posant son téléphone sur la table. Je viens de faire mon bilan carbone. – Ah, fait Julie en remuant son café. Et alors ? – Alors… je suis largement en dessous des objectifs. Franchement, je suis super fière. Si je continue comme ça, je peux même me permettre un petit voyage à l’étranger cet été. Julie relève la tête. – Un voyage ? En avion ? – Oui, mais justement, c’est ça qui est bien ! J’ai accumulé du “crédit”. Avec tout ce que j’ai économisé, je peux compenser. Julie esquisse un sourire. – Donc… tu pollues moins pour pouvoir polluer un peu ? – Mais non, tu simplifies ! Ça s’équilibre. Je prends mon vélo tous les jours depuis deux ans. Par tous les temps. Ça vaut bien une petite récompense, non ? – Une récompense… en kérosène. Bérénice soupire. – Facile. Toi, tu critiques, mais tu ne fais aucun effort. – Aucun effort ? Je suis végétarienne. – Oui, mais tu le fais pour les animaux. – Et alors ? – Alors ce n’est pas pareil. Julie la fi...

Marcellin passe par la petite porte.

  (Il fut un temps où certains hommes entraient dans les églises par des portes plus basses, comme si leur place dans le monde devait l’être aussi.) Marcellin entra dans l’église presque par hasard. La porte grinça à peine. À l’intérieur, l’air était frais, chargé d’une odeur de pierre et de cire fondue. Il resta un moment près de l’entrée, comme on hésite à troubler quelque chose de trop ancien. Il n’était pas croyant, pas vraiment. Mais les églises l’attiraient, depuis toujours. Il longea lentement le mur, les mains serrées contre ses cuisses, observant les bancs vides, les cierges consumés, les visages figés des statues. Et puis, presque cachée dans l’ombre, il la vit. Une porte, plus petite que les autres. Étroitement encadrée dans la pierre, comme si on l’avait ajoutée après coup, ou tolérée à contrecœur. Il restait le relief d’une inscription effacée. Sans réfléchir, il s’en approcha. Elle était à sa taille, pas besoin de se pencher pour en franchir le seuil. – On ne l’u...

Tom et le TDAH

 Les parents de Tom, 11 ans, sortaient du collège après avoir été reçus par le principal. L’ensemble des professeurs, à l’exception de la prof de sport, s’accordait à dire que les problèmes de Tom venaient de son incapacité à rester concentré en classe. Déjà en primaire, Tom avait reçu plusieurs avertissements, mais ses notes – notamment en sciences – lui avaient permis de tenir bon. Mais là, c’était le naufrage. – Je ne comprends pas, dit Joseph, le père. Il passe des heures à l’atelier avec moi le mercredi après-midi, et je te garantis qu’il n’en perd pas une miette. Joseph était en colère. On lui parlait de TDAH et autres troubles du comportement, mais lui était certain que son fils était capable. – Nous allons parler de tout ça avec Tom et le psychologue, répondit Marie. Nous n’avons pas le choix. Plus tard, chez le psychologue. Le psychologue referma le dossier. – Nous allons faire passer quelques tests, dit-il. Puis, presque distraitement, il leva les yeux vers les...

La salle d'attente

 La salle d’attente déborde. Pas seulement de gens — de soupirs, de toux, de conversations mal calibrées, d’impatiences mal contenues. Les chaises en plastique semblent trop petites pour accueillir tout ça. Même l’air paraît saturé, épais comme un brouillard dense. Juste en face, il y a l’homme sans masque. Il tousse avec application, presque avec conscience professionnelle. Une toux large, ouverte, généreuse. Une toux de partage. À chaque quinte, il projette un peu de lui-même dans l’espace commun, comme s’il participait activement à la vie du lieu. Personne n’ose rien dire. Les regards se croisent, furtifs, solidaires dans l’indignation silencieuse. À droite, une femme tente de négocier avec une tempête de quatre ans. — Non, j’ai dit non. — SIIIIIIII ! L’enfant est rouge, tremblant d’une colère épique. Le monde entier conspire contre lui, et particulièrement cette chaise, ce sol, cette vie. Il se tord, glisse, s’effondre, renaît en hurlement. Sa mère tient bon, mais ses ye...

Louise, la petite révolutionnaire.

 Louise n’était pas née dans un palais, ni même dans une maternité, elle était née dans une voiture, un soir d’octobre 2018, quelque part sur un rond-point occupé de Vendée. Dehors, les gilets jaunes brûlaient des palettes pour se réchauffer et faisaient bouillir de l’eau pour la sage-femme. On entendait des chants, des slogans, des voix élevées contre un monde injuste et sourd. Ses parents y croyaient encore, ils parlaient de justice sociale, d’avenir désirable, de dignité. Quand Louise vint au monde dans les bras de la sage-femme, sa mère dit en pleurant : – On l’appellera Louise en hommage à Louise Michel. Ainsi, elle portera en elle nos espoirs de révolution et de changement. Louise grandit dans un monde de désillusion, mais entourée de beaucoup d’amour. Ses parents s’étaient tus, comme tant d’autres : éc œ urés, humiliés, gazés, matraqués, ils avaient fini par reprendre le boulot, la routine… avec leurs rêves en lambeaux. Mais des souvenirs restaient. Des amis a...

Youtubeur militant

 Je suis arrivé avec ma caméra chargée, mes idées claires et mes phrases déjà prêtes. Je pensais filmer une nouvelle aberration du système, récolter quelques images fortes, faire parler deux ou trois “acteurs du terrain”, puis rentrer monter la vidéo. Comme d’habitude. Je défends la cause animale depuis des années. Je suis végétarien par conviction. J’ai dénoncé les pesticides, les élevages industriels, l’arrachage des haies, la course aux rendements, la violence faite au vivant. Et souvent, j’ai parlé des agriculteurs comme d’un bloc, d’un problème global, d’un archaïsme à corriger. Cette fois, il s’agissait d’un troupeau menacé d’abattage. Pas parce qu’il était malade. Pas parce qu’il représentait un danger réel. Mais parce qu’une directive, rédigée loin d’ici, avait décidé que le risque, aussi théorique soit-il, justifiait la disparition de bêtes parfaitement saines. Quand je suis arrivé, il faisait froid. Il y avait des tracteurs à l’arrêt, des bottes pleines de boue,...

Épisode 7 : Inauguration du P.O.N.I.V.E.P.S

 - 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - Archibald Primus adorait inaugurer. Inaugurer, c’était gouverner sans conséquences. Une paire de ciseaux, un ruban, quelques drapeaux, et l’Histoire s’écrivait toute seule. – Hubert, aujourd’hui, nous entrons dans la légende. Le conseiller consulta son dossier avec cette lenteur prudente qu’il réservait aux jours dangereux. – Aujourd’hui, Monsieur le Président… vous inaugurez le Pôle Officiel National et International Valdorésien d’Excellence Sportive. — Exactement. Rien que le nom, Hubert… rien que le nom, j’en ai des frissons de fierté. Le site avait été choisi pour ses qualités stratégiques : il était situé à quarante-huit kilomètres de la capitale, au milieu d’une zone autrefois agricole, désormais qualifiée de « corridor de potentiel ». L’absence de ville alentour offrait un avantage décisif : personne ne viendrait s’y plaindre. Des délégations sportives de pays partenaires arrivèrent dès l’aube. Certaines en avion, d’autres en ...

Épisode 6 : Les vœux du Président Archibald Primus

 -  1  -  2  -  3  -  4  -  5  -  6  -  7  - – Hubert !!! ! Le conseiller du président, pourtant rompu aux accès de colère présidentiels, sentit immédiatement que cette fois-ci, on atteignait un niveau inédit. Il accourut jusqu’au bureau d’Archibald Primus. Le président était debout, tournant en rond, les mains crispées derrière le dos. Très mauvais signe. – Oui, Monsieur le Président ? tenta Hubert sur un ton qu’il voulait léger. – Les vœux, Hubert ! Six ans que je répète exactement la même chose ! Six ans que je parle au même public ! Il s’arrêta net. – Le plein emploi. La sécurité. L’écologie. La souveraineté continentale. Il balaya l’air de la main. – Personne n’écoute plus, Hubert. On regarde , voilà tout. Les veines saillaient sur son cou. Son toupet avait glissé légèrement, accentuant son expression déjà tendue. – Il n’y a pas de jeunes en Valdorésie ? Pourquoi je ne m’adresse jam...

Épisode 5 : La sobriété énergétique

  -  1  -  2  -  3  -  4  -  5  -  6  -  7  - Depuis son virage écologique, Archibald Primus se voyait comme le parangon de vertu mondial et s’intéressait maintenant à la sobriété énergétique. Depuis qu’il avait écouté une conférence sur la décroissance, il était très motivé « pas pour lui bien sûr, mais pourquoi pas inciter le peuple à mieux consommer » Il prépara une annonce solennelle où il se décrivait lui-même comme « une synthèse rare entre vision, audace et sens du pull en laine. » Le pays avait déjà connu des annonces tapageuses, mais celle-ci promettait d’être historique. Non pas pour son contenu – que personne ne comprenait – mais pour l’énergie déployée à la mettre en scène . Le discours devait se tenir à l’Éco-Dôme, un bâtiment expérimental entièrement chauffé par… eh bien, par le système classique, puisque les panneaux solaires posés sur le toit n’avaient jamais été branchés ...

Épisode 4 : la réforme de l’éducation

 -  1  -  2  -  3  -  4  -  5  -  6  -  7  - Hubert entra dans le bureau du président Archibald Primus. Celui-ci posait sur une estrade, immobile, en tenue de général d’armée – il adorait la question militaire – tandis qu’un artiste officiel réalisait son portrait. – Qu’y a-t-il de si urgent, Hubert ? Vous voyez bien que je suis très occupé. – Nous avons reçu les classements du ministère de l’Éducation pour les sciences, Monsieur le Président. Archibald leva lentement un sourcil, sans quitter la pose héroïque qu’il s’était imposée. – Nous sommes… cinquantièmes. Un silence. – … sur cinquante. – Nos enfants sont davantage portés sur la littérature dans leur jeune âge, n’est-ce pas, tenta Hubert. Notre classement était bien meilleur en littérature. – Quarante-cinquièmes, Monsieur le Président. – C’est exactement ce que je dis. – Ne bougez pas, Monsieur le Président, par pitié, ça fait trois heures que j’...

Épisode 3 : La crise agricole

 -  1  -  2  -  3  -  4  -  5  -  6  -  7  - Archibald Primus avait un problème avec le monde agricole. Pas seulement un problème politique – ça, c’était facile à régler – mais un problème physique. La campagne lui donnait des boutons. Les prairies, de l’urticaire. Les animaux, une méfiance instinctive. Quant à la bouse, il en gardait un souvenir traumatique depuis un Salon de l’Agriculture, aussi ne voulait-il plus en entendre parler. Une vache l’avait pris pour cible. Heureusement, la seule vidéo captée par un média « label + » avait été supprimée. – Je suis très affecté par la crise agricole, déclara-t-il en conseil des ministres, car je suis profondément attaché à nos paysans, ajouta-t-il en éternuant. – Votre allergie, Monsieur le Président, prévint Hubert, toujours attentif à la santé présidentielle. À la simple évocation du monde paysan, Archibald présentait déjà des symptômes. – J’incarne la mod...

Épisode 2 : Le grand tournant écologique

 -  1  -  2  -  3  -  4  -  5  -  6  -  7  - Le président Primus était de mauvaise humeur ce matin-là. Sa côte de popularité était au plus bas depuis son élection. Hubert n’avait pas réussi à lui cacher les chiffres officiels. Il fallait frapper un grand coup. Pour remonter dans les sondages, évidemment. Archibald Primus annonça donc que la Valdorésie allait prendre le virage de la transition écologique. Un virage à cent quatre-vingts degrés. Une révolution, pour être plus précis — mais cela, Archibald ne l’avait pas compris. faisait-il semblant. Il était vrai qu’il possédait une intelligence si remarquable que sa pensée pouvait parfois se révéler trop subtile pour le commun des mortels. Première annonce : le plan vélo Archibald Primus avait tenu à se rendre sur la grande place de la Victoire à vélo. Un geste fort. Un geste simple. Un geste historique. Le cortège s’ébranla à huit heures précises. Le pré...

Épisode 1 : La revue des troupes

   -  1  -  2  -  3  -  4  -  5  -  6  -  7  - Archibald vivait dans une réalité augmentée. Un peu comme les chevaux, qui voient leur environnement plus grand qu'il ne l'est vraiment – ​​sauf que chez Archibald, cela fonctionnait à l'inverse. Il se voyageait grand. Très grandiose. Et tout le reste lui semblait petit, voire insignifiant. Il tolérait la présence permanente d'Hubert, son conseiller particulier, mais c'était là un effet de sa grande bonté. Car Archibald n'avait besoin d'aucun conseil : il était la connaissance incarnée. Il savait tout sur tout. Sa vérité était la vérité. Le reste n'était que méconnaissance – dans le meilleur des cas – ou complot. Forcément, il suscitait la jalousie et faisait des envieux dans le monde entier. Depuis le début de son mandat, la Valdorésie, forte de quinze millions d'habitants, se targuait d'être le pays le plus productif au monde. Archibald maniait les c...