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Affichage des articles associés au libellé empathie

Chambre 12

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  Sur le lit de la chambre 12, le protocole était clair, surligné de jaune fluo : ne pas réveiller le patient entre 22 h et 6 h. sommeil prioritaire. Surveillé par capteurs. Marta avait lu et relu la note de service, elle en comprenait la logique ; le sommeil réparateur, les constantes qui se stabilisent, les familles épuisées qu’on laisse souffler. C’était rationnel. C’était même bien pensé. À 2h47, les capteurs indiquaient que tout allait bien. Marta qui faisait un tour du service s’arrêta devant le lit, elle regarda le patient dormir un moment. Elle ne su dire pourquoi. Un truc dans la respiration, peut-être. Trop régulière, pas naturelle. Elle s’approcha du lit et posa deux doigts sur le poignet du vieil homme, en dépit du protocole. La peau était sèche, elle prit sa main et fit pression sur les doigts qui ne répondirent pas. Elle réveilla doucement le patient en lui parlant avec douceur, presque en s’excusant. Il ouvrit les yeux, mit plusieurs secondes à comprend...

Le chercheur d'aura.

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  Home run! Au street park, les corps s’activaient sur les barres et les agrès. Les muscles saillaient, les baskets crissaient sur le sol, et une enceinte crachait du rap à plein volume. L’ambiance était bonne. Le lycée était bloqué depuis trois jours, mais rien ne semblait pouvoir entamer le moral de Sam. À dix-sept ans, il était numéro trois départemental. Le prochain combat, prévu dans deux jours, pouvait lui permettre d’accéder au classement régional. Une perspective qui le faisait rêver. Il s’entraînait dur, tous les jours. – Fais une pause, Sam ! Tu vas finir par te casser quelque chose ! – T’inquiète, Karl, je suis trop motivé, là. Tu te rends compte, si je passe en régional ? Ça augmenterait tellement mes chances d’être pris en fac de droit ! Avec mon nom et mon quartier d’origine, j’ai aucune chance. Il consulta son application et bondit sur place. – Regarde ça ! La place va être blindée ! Il y a même des paris, c’est dingue ! Karl jeta un œil à l’écran. – Ouais. M...

La vie est belle.

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 Hommage discret à Hervé Covès. Le monastère se trouvait à l'écart d'un petit village, au pied d'une colline couverte de chênes et de pins. Depuis plusieurs siècles, les frères y vivaient au rythme des saisons, des offices et du travail de la terre. La bibliothèque occupait une ancienne aile du monastère. On y conservait des manuscrits vieux de plusieurs centaines d'années, des livres plus récents, des carnets, des correspondances et toutes sortes de documents dont personne ne savait parfois très bien pourquoi ils avaient été conservés. Frère Matthieu en était le bibliothécaire. Il avait vingt-huit ans. Enfant, il avait toujours eu du mal avec l'idée que le monde puisse appartenir à quelqu'un. Il remettait dans le jardin les insectes trouvés dans la maison au lieu de les écraser. Il pouvait rester longtemps à observer une fourmi transporter une miette, un oiseau dans un arbre ou les premières feuilles apparaître au printemps. Plus tard, il avait découvert Fr...

Le coup de fil

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 Partie 2 sur 2 – Tout est prêt, dit Pascal à Clémence. Finalement, les recettes ne manquent pas. Je pense qu’on va tous se régaler. Sur la table, une tarte fine aux légumes rôtis côtoie une salade de lentilles aux herbes fraîches. Au four, un gratin de pommes de terre termine de dorer. Pascal a préparé une sauce crémeuse aux champignons et aux échalotes, sans lait ni beurre. Clémence goûte une bouchée. – J’avoue que je suis surprise. Cette sauce est vraiment excellente. – Et le gratin ? Elle reprend une bouchée. – Tu veux vraiment mon avis ? – Oui. – Il est meilleur que celui que tu fais d’habitude. Pascal la regarde, faussement vexé. – N’oublie pas, Clémence, tu n’es pas au courant. – Ne t’inquiète pas. Je suis une très bonne actrice. Ils rient. Ils ont réussi à réunir toute la famille, ce qui n’arrive pas souvent. La sonnette retentit. Pascal ouvre. – Ça fait plaisir de te voir ! Son fils l’embrasse. – C’est vrai que tu as bonne mine, dis donc ! – Je suis en p...

Ceux grâce à qui...

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  Jean-François posa son nez rouge sur la table, à côté de son café. Il le fit rouler du bout du doigt, pensif. Laura arriva quelques secondes plus tard, les bras chargés de romans et de magazines. Elle glissa une pièce dans la machine à café. – Journée difficile ? demanda-t-elle. Jean-François esquissa un sourire. – Une petite fille n'avait pas envie que je fasse le clown aujourd'hui. Alors je me suis assis au bout de son lit sans rien dire. Au bout d'un moment, j'ai éternué... et mon nez a traversé la chambre. On a éclaté de rire tous les deux. Laura rit à son tour avant de s'asseoir en face de lui. – Ils aiment bien avoir du choix, dit-elle en désignant les livres. À force, je connais leurs goûts. Chambre 102 : des romans d'aventure. Pourtant, il s'endort toujours au bout de trois pages. – Ça ne vous décourage pas ? – Non. Quand il se réveille, il me demande : « Alors... ils en sont où ? » Ça veut dire qu'il a encore envie de connaître la suit...

La vocation.

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  Il est souvent difficile de savoir ce qu’on veut faire plus tard, on a beau se questionner dès le plus jeune âge, certains changent souvent d’avis . Astronaute un jour, vétérinaire le lendemain, influenceur le mois suivant. Livia, quatorze ans, n’avait pas ce problème. Elle serait chirurgienne. Le jour de son stage découverte, elle pénétra pour la première fois dans un bloc opératoire, équipée d’une charlotte, d’un masque, de surchaussures et d’une tenue stérile. Elle regarda autour d’elle. Toute une équipe travaillait ensemble comme une chorégraphie. À cet instant, elle sut qu’elle ne s’était pas trompée. – Tu peux sortir si ça ne va pas, lui glissa une infirmière. Mais Livia allait très bien. Elle était fascinée par les mains habiles, les noms étranges des instruments qui volaient d’une main à l’autre avec une précision millimétrée. Trois heures plus tard, l’opération terminée, elle se retrouva seule avec le chirurgien dans le couloir. – Petite, mais costaud ! lui dit-i...

Le tour de cartes

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 (Hommage discret à Tony Gardette) Lili était une bonne élève. Sérieuse, appliquée, et surtout, elle aimait apprendre. Tout lui plaisait. Elle n’avait pas vraiment de raisons d’aimer plus les maths que les autres matières. Et pourtant, c’était toujours le meilleur cours de sa journée. Elle n’aurait pas su dire pourquoi. C’était comme une sensation de bien-être. Ce prof était toujours disponible. Il répondait à toutes les questions, même les questions idiotes de Kévin, c’est dire. Il ne s’énervait jamais. Et quand il essayait de faire peur en faisant les gros yeux, ça n’intimidait pas grand monde. On voyait bien qu’il n’y croyait pas lui-même. Un jour, la classe était agitée. Il a sorti un jeu de cartes de sa poche, et l’a posé par terre, devant le tableau. Puis il a dit, avec un sérieux tranquille : – Je vais vous faire un tour de cartes. Là, quelques têtes se sont relevées. Même Kévin, qui d’habitude parlait encore pendant que les autres se taisaient, a suspendu sa phrase...

Le cheval d'Oscar.

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  « Inspiré de catastrophes minières réelles du XIXe siècle, notamment celle survenue en 1861 à la mine de Lalle (106 morts). » Oscar ne savait pas écrire, mais il a raconté son histoire à ses enfants, puis à ses petits-enfants et cent-cinquante ans plus tard, on la raconte de l’Ardèche aux Cévennes. Oscar avait des mains de paysan, larges, caleuses, épaisses, usées par la terre. Elles sentaient le foin, parfois encore la cendre. Rien ne trahissait la mine. Rien, sauf peut-être ce léger tremblement dans l’obscurité qu’il redoutait. Il y avait toujours la lumière allumée chez Oscar, même la nuit. Il avait dix ans quand il est descendu pour la première fois. Son père, ouvrier agricole, avait quitté la terre ; plus assez de travail, la terre changeait. Là-bas, près d’Alès, on embauchait. Pas besoin de savoir lire. On disait que c’était dur, mais que ça payait. Alors ils y étaient allés tous les trois, sa mère n’était plus là depuis longtemps. Oscar n’était pas encore mineur...

Les métiers de l'invisible : Myrina, nettoyeuse post-mortem.

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 Quand la police scientifique et les pompes funèbres ont terminé leur travail, une scène mortelle devient souvent un lieu que les familles ne peuvent plus affronter. Myrina intervient alors. Elle efface les traces de violence, désinfecte, restaure. Elle rend les espaces à nouveau habitables. Elle a été formée comme technicienne. Son métier est réglementé, exigeant, précis. Mais elle ne se contente pas de nettoyer. Chaque lieu a une histoire. Avant de commencer, elle fait toujours le tour de la pièce. Lentement. Elle observe, mais surtout, elle ressent. Parfois, elle parle à voix basse, comme si quelqu’un pouvait encore l’entendre. Il arrive qu’un objet, ou une photographie, retienne son attention plus longtemps que les autres. Comme s’il restait quelque chose à dire. Ce jour-là, elle intervient dans une maison où vivait un homme seul. La mission est difficile. L’homme s’est ôté la vie avec son arme de service. Les murs portent encore la violence du geste. Autour d’elle, ...

Merci mon frérot.

 Assis en tailleur devant le magasin, il s’applique à être poli. Souriant, aussi. Toujours. Même quand il a faim. Même quand il a froid. Même quand il a envie de pleurer. Le carrelage sous lui est encore humide du nettoyage du matin. Le froid remonte doucement dans ses jambes, mais il ne bouge pas. Il a appris à ne pas trop bouger. À ne pas déranger. Ce matin-là, pourtant, il est presque de bonne humeur. Il sait où il va dormir pour la semaine. Il a trouvé un foyer d’accueil. Et ça, c’est déjà une petite victoire. Puis il y a cette femme. Parfum léger, manteau propre, le pas pressé. Il lui dit bonjour. Elle ne répond pas. Elle tourne la tête vers sa fille, une petite main serrée dans la sienne : — Travaille bien à l’école, si tu ne veux pas finir comme ça. Comme ça. Le mot reste suspendu. Comme une étiquette qu’on lui recolle, chaque jour, sans lui demander son avis. Il pourrait parler. Dire qu’il a un bac +5. Qu’il a dirigé une entreprise de quinze salariés. ...

Luigi et le défi du kilomètre.

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 La semaine, Luigi est animateur du temps extra-scolaire. Il n’aime pas le mot animateur . Il préfère dire qu’il tient la digue. Il tient la digue entre le bruit et la colère, entre les devoirs et les larmes, entre les écrans et les vraies conversations. Il ne crie jamais. Il sourit. Toujours. Le salaire est léger, les horaires sont pénibles, mais à son âge — vingt-sept ans et quelques illusions bien pliées dans la poche — ça lui suffit. Le week-end, Luigi s’entraîne. Son sport, c’est l’auto-stop. Pas l’auto-stop romantique des guitares sous la pluie. Non. L’auto-stop méthodique. Stratégique. Sac étudié au gramme près. Pull compressé. Brosse à dents raccourcie. Objectif variable. Parfois cent kilomètres. Parfois zéro euro. Parfois « suivre le vent ». Il appelle ça le défi du kilomètre. Un kilomètre, c’est déjà une victoire. Un kilomètre, c’est déjà une preuve que quelqu’un a décidé de ralentir pour un inconnu. Il ne fixe jamais de destination précise aux conduct...

Cinquième jour : la journée cohésion.

 Les enfants avaient enfin trouvé le rythme et dormaient mieux. La première séance du matin était intense et ils se donnaient à fond. — C’est drôle de les voir s’entraîner, dit Léa à Karim. Quand on y pense, les entraîneurs ne connaissent pas vraiment les enfants. Ils ne voient que ces « petites machines » de haute technicité, alors que nous, nous voyons leur humanité et tous leurs petits défauts… — C’est vrai. Quand on voit Zoé frapper de toutes ses forces, on ne l’imagine pas en train de sauver un papillon. Et regarde Hugo, concentré… Qui peut deviner qu’il vérifie que la balle est bien ronde ? Allez, encore une heure et on part pour l’accrobranche. Et là, on sait à quoi s’attendre. 10h00. Karim et Léa aident les enfants à enfiler les baudriers. Et les choses se passent plutôt bien. Même Hugo accepte un casque « pas tout à fait rond ». — On progresse, lance Karim. — Incroyable, répond Léa. Mais il faut surveiller Nolan. Je l’ai déjà rassuré plusieurs fois. Il a peur des ins...

Épisode 6 : La rencontre

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 -  1  -  2  -  3  -  4  -  5 -  6  -  7  -  8  -  9  -  Lorsque Camille arriva au point de rendez-vous, l’homme était déjà là. La quarantaine. Détendu. Pas méfiant. La poignée de main était ferme, franche. – Gilles Laborie, se présenta-t-il en l’invitant à s’asseoir. Naturaliste et ornithologue. Camille observa son interlocuteur avec intérêt. Il percevait chez lui une franchise presque animale, qui le mettait à l’aise. – Merci d’être venu… seul. C’est une marque de confiance que j’apprécie. Pour être franc, je vous ai observé dimanche. Et j’ai senti que vous étiez digne de confiance. Je ne vais pas faire de détour. J’espère que vous accepterez de m’écouter, même si je réalise aujourd’hui à quel point ces actes étaient une mauvaise idée. Camille resta silencieux, l’invitant simplement à poursuivre d’un regard, d’un léger mouvement du menton – comme il le faisait avec les animaux. – Ils n’ont p...

Épisode 3 : L’âne pas si bête

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  -  1  -  2  -  3  -  4  -  5 -  6  -  7  -  8  -  9  - Mini-série : sur la piste du loup. Un dimanche de repos bien mérité. Camille faisait la sieste dans son hamac, un livre ouvert entre les mains. Mais le sommeil aidant, son regard se perdait dans les branchages. Il observait un couple de mésanges occupé à construire un nid. Un moment suspendu, comme il les aimait. La sonnerie du téléphone rompit le charme. Sandra. Mauvais signe. – Oui, Sandra ? – On a une chèvre éventrée. Probablement par le loup. À sept kilomètres de Pécou, vers la ferme des Terrenoire. Je préfère vous prévenir : ça commence à gronder. On parle déjà de battue. – Tu as prévenu Dewick ? Il faut des preuves que ce n’est pas le loup. J’en ai la conviction, il y aurait des indices. – Oui. Il nous rejoint. Il était sur un vêlage compliqué. Je peux passer vous prendre, Monsieur le Maire. Je sais que vous n’aimez pas conduire....

Youtubeur militant

 Je suis arrivé avec ma caméra chargée, mes idées claires et mes phrases déjà prêtes. Je pensais filmer une nouvelle aberration du système, récolter quelques images fortes, faire parler deux ou trois “acteurs du terrain”, puis rentrer monter la vidéo. Comme d’habitude. Je défends la cause animale depuis des années. Je suis végétarien par conviction. J’ai dénoncé les pesticides, les élevages industriels, l’arrachage des haies, la course aux rendements, la violence faite au vivant. Et souvent, j’ai parlé des agriculteurs comme d’un bloc, d’un problème global, d’un archaïsme à corriger. Cette fois, il s’agissait d’un troupeau menacé d’abattage. Pas parce qu’il était malade. Pas parce qu’il représentait un danger réel. Mais parce qu’une directive, rédigée loin d’ici, avait décidé que le risque, aussi théorique soit-il, justifiait la disparition de bêtes parfaitement saines. Quand je suis arrivé, il faisait froid. Il y avait des tracteurs à l’arrêt, des bottes pleines de boue,...

La part laissée

  Il avait invité ses collègues pour un repas simple. Un samedi tranquille, les enfants jouaient dans le jardin, et l’air sentait le thym. Quand il posa le plat sur la table, l’un d’eux sourit : – Oh, en plus de ne pas aimer le foot, tu es devenu végétarien ? Le ton était léger, presque moqueur, comme si c’était une excentricité passagère. Il haussa les épaules. – pas vraiment… j’ai réduit, j’essaye de faire un peu attention, je tente des trucs. Ce n’était pas un discours. Juste une phrase. Les autres continuèrent de parler : foot ( pour l’embêter), boulot, vacances. Lui, il écoutait à moitié, distrait par un souvenir récurent. Un veau perdu au milieu d’une route de campagne. Quelques jours à peine. Il avançait comme un enfant qui apprend à marcher, maladroit, tout en pattes . Quand il s’était approché, l’animal avait levé la tête, surpris, puis il avait tendu le museau. Comme ces gestes simples qu’on fait sans y penser, les gestes de ceux qui n’ont...

Les clémentines

Il se tenait sur le quai, téléphone en main. Un train arrivait, un autre repartait, et les gens couraient avec l’illusion d’être pressés. Il leva les yeux par hasard, juste une seconde, comme un animal qui capte un mouvement à la lisière du bois. Une femme âgée venait de verser son sac de provisions ; des clémentines roulaient entre les chaussures, éclataient parfois, sous les pas indifférents. Personne ne s’arrêtait. Personne n’avait « le temps ». Il regarda la notif qu’il venait de recevoir mais il hésita. Juste une seconde. Il pensa : « quelqu’un d’autre va l’aider ». Puis il se pencha finalement, ramassa les clémentines une par une et les lui tendit. Elle lui sourit. Un de ces sourires qui durent plus longtemps que les mots. – Vous savez, dit-elle, on n’a pas grand-chose à offrir à ce monde. Juste la manière dont on le regarde. Son train entra en gare, couvrant sa voix. Quand il se retourna, elle avait disparu dans la foule. Une clémentine...