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Affichage des articles associés au libellé terroir

Le néo-buronnier.

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  Léo était un garçon posé et raisonnable, sauf quand il était sur sa moto. Là, il perdait toute notion du danger. Il était grisé par la vitesse, surtout lorsqu'il pouvait épouser le tracé sinueux des routes de montagne. Il se couchait dans les virages et exultait quand sa genouillère projetait des étincelles sur le bitume, tandis que le décor se fondait autour de lui comme une image accélérée. Ce jour-là, il n'avait pas vu le panneau. Une fine bruine et des nuages bas rendaient la visibilité médiocre sur le plateau de l'Aubrac. Un dépassement dans un virage, une masse sombre qui surgit devant lui, un coup de frein trop tardif. Léo percuta le tracteur. Il fut projeté de sa moto et termina sa course dans la bétaillère. Ce fut une sacrée pagaille. Les vaches affolées meuglaient, se bousculaient et cherchaient à s'échapper. Par une chance inouïe, Léo ne fut pas piétiné. L'agriculteur, qui avait garé son tracteur sur le bas-côté, retrouva le jeune homme inconscie...

La poignée de terre.

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  Jean-Louis regardait ses factures. Il les empilait sans les lire. Les feuilles se succédaient comme des saisons de plus en plus mauvaises. – Ce n'est plus tenable, Marie. Il parlait sans lever les yeux. – Chaque année, j'augmente les doses d'engrais, je traite davantage, je laboure plus profond... et chaque année je récolte moins. On me dit de continuer, d'investir encore, d'acheter un matériel plus performant. J'ai fait tout ce qu'on m'a conseillé pendant quarante ans... et j'ai l'impression de m'être perdu en chemin. Marie ne trouva rien à répondre. Depuis quelques mois, elle voyait son mari s'enfoncer un peu plus chaque soir dans son fauteuil, le regard perdu vers la fenêtre. Elle posa doucement une main sur son épaule. Le lendemain, elle appela leur fils. Deux semaines plus tard, Romain franchit le portail de la ferme. Son père était assis devant le poêle. – Tiens... le botaniste. – Bonjour, papa. Ils échangèrent une ...

L'impatience du jardinier

 Il y a celui qui voit les amandiers fleurir et qui sourit, et il y a le jardinier. Pour lui, ces signes ne sont pas seulement beaux ; ils sont un appel. Tandis que l’hiver tient encore la terre serrée dans ses doigts froids, il a déjà commencé. Sur une table près d’une fenêtre, les semis attendent leur heure. Petites graines presque invisibles, posées dans un terreau encore tiède du dedans. Il les observe comme on veille une promesse. Rien ne presse, et pourtant tout presse. Le jardin dort encore par endroits, mais lui marche déjà entre les planches. Il mesure, imagine, corrige mentalement ce qu’il fera autrement cette année. Ici les tomates, mais plus espacées ; là les haricots, mieux exposés ; les courges auront besoin de lumière et d’air. Chaque décision est un pari sur l’avenir. Il installe des tuteurs dans une terre qui ne porte encore rien. Geste étrange, presque absurde : soutenir des plantes qui ne sont pas nées. Mais le jardinier sait que la préparation est une form...

Épisode 3 : L’âne pas si bête

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  -  1  -  2  -  3  -  4  -  5 -  6  -  7  -  8  -  9  - Mini-série : sur la piste du loup. Un dimanche de repos bien mérité. Camille faisait la sieste dans son hamac, un livre ouvert entre les mains. Mais le sommeil aidant, son regard se perdait dans les branchages. Il observait un couple de mésanges occupé à construire un nid. Un moment suspendu, comme il les aimait. La sonnerie du téléphone rompit le charme. Sandra. Mauvais signe. – Oui, Sandra ? – On a une chèvre éventrée. Probablement par le loup. À sept kilomètres de Pécou, vers la ferme des Terrenoire. Je préfère vous prévenir : ça commence à gronder. On parle déjà de battue. – Tu as prévenu Dewick ? Il faut des preuves que ce n’est pas le loup. J’en ai la conviction, il y aurait des indices. – Oui. Il nous rejoint. Il était sur un vêlage compliqué. Je peux passer vous prendre, Monsieur le Maire. Je sais que vous n’aimez pas conduire....

Rapide Jules. Nouvelle 2025

  Rapide Jules (Hommage à nos paysans et agriculteurs) accès au PDF gratuit ; cliquer ici Chapitre 1 : la boulangerie de Mazin Geneviève entra dans la boulangerie comme chaque matin, à 7 h 15 précises, depuis bientôt trente ans. – Bonjour Geneviève. Une Mazette bien cuite, comme d’habitude ? demanda Suzanne derrière le comptoir. – Oui. Et une tartelette aux fraises avec un thé. Je vais m’asseoir en terrasse, il fait doux ce matin. Quelques minutes plus tard, André apporta la commande. Il posa la tasse et la tartelette, puis, comme il le faisait souvent ces derniers temps, s’assit à la table voisine avec son café. Geneviève désigna la vitrine d’un signe de tête. – J’ai vu que tu as enlevé le panneau… Tu abandonnes ? André haussa les épaules, sans amertume, mais avec cette lassitude tranquille des gens qui ont trop longtemps espéré. – Ça fait un an que je cherche un repreneur. J’ai soixante-deux ans, Geneviève. Je termine l’année… et je ferme. Elle bais...