Jean-Hugues, bagueur d'oiseaux.
Série : les métiers de l'invisible. Pour les vacances, la famille Vidal avait installé sa tente sur les bords de la Canche, dans la baie d'Authie. Le mot d'ordre était simple : ralentir. Moins d'écrans, moins de stress, plus de nature. Fabrice avait accepté... à une condition : son jogging quotidien restait sacré. Chaque matin, avant le réveil du camping, il partait courir deux heures et demie, Strava activé, bien décidé à améliorer son classement. Chaque matin aussi, il croisait le même homme. À l'aube, près des oyats, celui-ci tendait de grands filets presque invisibles entre deux piquets. Il travaillait avec une patience étrange, comme si le temps n'avait plus d'importance. Un drôle d'oiseau... , se disait Fabrice en passant. Les trois premiers jours, il se contenta de ralentir l'allure. Le quatrième, il regarda sa montre. Le cinquième, il mit Strava en pause. Le sixième, il s'approcha. – Bonjour... Excusez-moi. Je vous vois ici to...