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Affichage des articles associés au libellé éthologie

Jean-Hugues, bagueur d'oiseaux.

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 Série : les métiers de l'invisible. Pour les vacances, la famille Vidal avait installé sa tente sur les bords de la Canche, dans la baie d'Authie. Le mot d'ordre était simple : ralentir. Moins d'écrans, moins de stress, plus de nature. Fabrice avait accepté... à une condition : son jogging quotidien restait sacré. Chaque matin, avant le réveil du camping, il partait courir deux heures et demie, Strava activé, bien décidé à améliorer son classement. Chaque matin aussi, il croisait le même homme. À l'aube, près des oyats, celui-ci tendait de grands filets presque invisibles entre deux piquets. Il travaillait avec une patience étrange, comme si le temps n'avait plus d'importance. Un drôle d'oiseau... , se disait Fabrice en passant. Les trois premiers jours, il se contenta de ralentir l'allure. Le quatrième, il regarda sa montre. Le cinquième, il mit Strava en pause. Le sixième, il s'approcha. – Bonjour... Excusez-moi. Je vous vois ici to...

les métiers de l’invisible ; Guyone, comportementaliste animalière.

 Le studio battait son plein, l’ambiance était tendue. Le tournage avait pris du retard. Sur le plateau, personne n’aimait travailler avec le cheval. On disait qu’il était nerveux. Imprévisible. Qu’il “sentait mal les gens”. Un assistant s’était déjà fait mordre. Une figurante refusait désormais de s’en approcher. — Il nous faut un autre animal, avait tranché le réalisateur. Ou du numérique. Mais le budget ne suivait pas, et la scène exigeait un plan serré. Une présence réelle. Une respiration. Quelque chose que la machine ne savait pas encore reproduire. Alors on l’avait appelée. Officiellement, elle était “comportementaliste animalière”. Officieusement, personne ne savait très bien. Elle n’avait ni tenue de dresseur, ni matériel particulier. Juste une façon de se tenir un peu à côté du monde, comme si elle écoutait autrement. Guyone entra doucement dans le paddock. Le cheval leva la tête, oreilles droites. Puis recula d’un pas, agité. — Vous voyez ? lança quelqu’un der...

Le murmure des abeilles

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 Il avait grandi en ville, mais il avait eu cette chance rare : un grand jardin. Un rectangle de terre et de fleurs coincé entre les murs, où il passait des heures à rêvasser quand il aurait dû réviser. Il s’y asseyait, seul la plupart du temps, et regardait. Longtemps. Sans vraiment comprendre ce qu’il voyait, mais avec l’impression tenace que quelque chose se jouait là, sous ses yeux. Il observait les insectes, les allées et venues, les vols imprévisibles, les trajectoires minuscules. Il ne savait rien de leurs règles, de leurs langages, ni de leurs rôles. Il se contentait d’être là. Présent. Plus tard, devenu adulte, enfermé dans un bureau, il avait gardé ce réflexe étrange : dès qu’il le pouvait, il traînait dans les parcs. Il s’asseyait sur un banc, ou s’allongeait dans l’herbe, et retrouvait cette sensation ancienne. Là, il était bien. Le monde ralentissait. Un jour, ce fut la curiosité qui le fit dévier de sa trajectoire. Un homme, à quatre pattes dans un fourré, immobi...

Sur les épaules… des chevaux

  Ces textes doivent beaucoup à l’émission «  sur les épaules de Darwin de Jean-Claude Ameisen » et tentent seulement de prolonger l’émerveillement que j’ai ressenti en l’écoutant. 1 Sommeil partagé Dans un pré silencieux, à l’aube, les chevaux semblent dormir. Debout. Une jambe repliée. Les yeux mi-clos, les muscles relâchés, le corps prêt à fuir. Longtemps, on a cru qu’ils ne dormaient jamais vraiment. Comment un animal aussi massif pourrait-il se permettre l’abandon total du sommeil, là, au milieu du monde, sans mur ni porte ? Puis l’observation patiente a révélé autre chose. Ils dorment. Mais pas tous. Pas en même temps. Pendant que l’un s’enfonce dans un sommeil profond de quelques minutes, un autre reste éveillé. Les oreilles orientées. La respiration attentive. Le regard ouvert sur l’horizon. Le sommeil, chez les chevaux, est une affaire collective. Une confiance partagée. Aucun chef ne décide. Aucun signal ne s’impose. Pourtant, le relais s’organ...